Chadwick Boseman, entre altruisme et courage

Par Section Affaires Publiques

Le 28 août 2020, force et bienveillance sont les mots qui restent après l’annonce de la mort de Chadwick Boseman, qui a si fièrement imposé dans l’énorme succès cinéma Black Panther, une vision futuriste de l’Afrique et des femmes. Depuis cette mort, les fans de l’univers Marvel dans le monde et au Togo sont toujours dans une grande tristesse.

Ajoutés aux célébrités du monde entier, ils continuent de rendre un hommage appuyé à l’acteur parti à seulement 43 ans, entouré de sa famille. Comme ils l’ont fait par exemple lors de la disparition du roi du RnB’ togolais Omar B en février 2020, les réseaux sociaux affichent une profusion de saluts au roi T’Challa. C’est incroyable de voir qu’une personne que vous n’avez jamais rencontrée puisse autant vous impacter. C’était le cas de George Floyd. C’est le cas du Black Panther.

Un exemple d’empathie et de bravoure

Défini simplement, le héros est un homme, une femme, comme vous et nous. La différence réside en ce que cette personne fait preuve d’une bravoure remarquée face à une difficulté qu’elle ne veut pas laisser impacter son entourage.

Nous n’étions pas préparés à apprendre que l’illustre acteur serait décédé d’un cancer du côlon. En effet, l’acteur a été diagnostiqué du mal à ses 39 ans. Mais il a décidé de l’affronter seul, pas parce qu’il pensait nécessairement qu’il le pouvait, mais parce qu’il ne voulait pas plonger son entourage dans la tristesse pendant les années qui lui restaient à vivre encore.

Entre les films dans lesquels il jouait, il a subi de nombreuses opérations chirurgicales et de longues séances de chimiothérapie, encaissant les lourdes douleurs du traitement en solitaire. Sa famille révèle que malgré son courage, la maladie détectée au stade 3 a atteint le stade 4, ce qui signifie qu’elle s’était malheureusement propagée.

Imaginez l’état dans lequel vous vous trouverez lorsque votre médecin vous annoncera que vous arrivez à la fin de votre parcours sur terre. Sans doute le désarroi va s’emparer d’une première catégorie de personnes. Certains commenceront peut-être à avoir du dégout pour tout ce qui les entoure. D’autres encore en voudront au monde entier pour diverses raisons, personnelles ou pas.

Mais il y a aussi une catégorie de personnes qui préféreront en sourire et continuer à vivre, comme si de rien n’était. Ces personnes continueront d’apprécier et de respecter la vie pour ce qu’elle a encore à offrir, et pour ce qu’elles-mêmes peuvent offrir à leur voisinage, entre amour et soins divers. Chadwick Boseman faisait partie de ce dernier groupe.

Au lendemain du décès de l’acteur, le St. Jude Children’s Research Hospital dans l’état du Tennessee a révélé qu’en 2018, l’acteur a visité les enfants malades du cancer, et a apporté avec lui « non seulement des jouets…mais aussi de la joie, du courage et de l’inspiration ».

La même année, Boseman a déclaré lors d’une interview avec SiriusXM un opérateur américain de radio numérique par satellite, qu’il avait gardé le contact avec deux enfants en phase terminale de cancer, pendant qu’il tournait Black Panther, et que les parents de ces enfants avaient dit qu’ils essayaient de rester en vie jusqu’à l’arrivée du héros Marvel. L’acteur a montré beaucoup d’émotion et de compassion lors de cette interview, mais n’a jamais prolongé la tristesse des autres en mettant en avant son propre combat contre le même mal.

Un exemple d’attachement culturel

Chad était assurément américain. Il a vu le jour à Anderson, en Caroline du Sud, de parents américains. Mais il avait aussi du sang africain qui coulait dans ses veines. Au début de sa carrière, il a travaillé comme professeur d’art dramatique au Schomburg Center for Research in Black Culture à Harlem, New York. Lui-même avait toujours revendiqué avoir des liens ancestraux avec les ethnies Krio et Limba de Sierra Leone, ainsi qu’avec les Yorubas du Nigeria, selon ses tests ADN.

Au-delà de la théorie, le magazine Rolling Stones a affirmé que Chadwick Boseman s’était battu pour l’accent 100% africain dans le film Black Panther, et a tenu à faire respecter cette clause.

En roi T’Challa alias Black Panther dans le film éponyme

Il a déclaré au magazine “J’ai senti qu’il n’y avait aucun moyen au monde de faire le film sans accent. Mais j’ai dû convaincre [le studio] que c’était quelque chose dont nous ne pouvions pas avoir peur. Mon argument était que nous devons former l’oreille du public pendant les cinq premières minutes – leur donner des sous-titres, leur donner tout ce dont ils ont besoin – et je crois qu’ils le suivront de la même manière qu’ils suivront un accent irlandais ou un accent cockney. Nous regardons des films tout le temps quand cela se produit. Pourquoi, tout d’un coup, on ne peut pas le suivre parce que c’est africain ?”

Il a aussi passé du temps à étudier les grandes figures de l’histoire politique et artistique africaine. Il écoutait beaucoup Fela Kuti et avait visité le continent.

Autres enseignements tirés de sa vie

Aucun homme n’existe sans défaut, et comme le Black Panther qui a traversé des moments tumultueux avec sa famille dans le film, Chadwick Boseman avait certainement un jardin secret. Mais l’important c’est aussi le message que vous envoyez au monde, et de ce côté-là, le disparu nous en a appris.

Il n’existe pas vraiment de méthodes pour transformer un être humain ordinaire en super héros comme le roi du Wakanda. Le secret, c’est de vouloir faire des épreuves qui nous arrivent, des occasions d’apprendre. Face à l’échec scolaire ou le lancement d’une entreprise par exemple, la tentation pour certains serait d’abandonner.

Or, la résilience c’est la capacité de chacun à triompher de ses propres traumatismes, sa capacité à reprendre une forme normale après un choc. Or, l’abandon ne permet pas de se remettre sur pied. Malgré la maladie et le sort final qu’il connaissait depuis quelques temps, Chadwick Boseman ne s’était pas dit “J’attends la mort dans mon lit”. Il s’est levé, il a continué à vivre, à se battre avec force et détermination contre cet ennemi redoutable, même quand il sait qu’il perdra à la fin.

Soyons donc préparé aux échecs et affrontons-les. Lorsque la situation sanitaire le permettra, nous espérons vous voir à une de nos séances de discussion et de motivation personnelle dans nos American Corner à Lomé ou Kara, ou de formation entrepreneuriale à l’ambassade.

Ensuite, nous pouvons tous être des héros dans nos communautés. Il suffit d’une petite action, qui pour nous n’est rien, mais représente tellement pour les autres. Comme Chadwick Boseman a été le héros attendu par ces deux enfants malades, les jeunes togolais apprennent aussi à aider les autres lorsque la situation semble désespérée.

En mai par exemple, JP Tossah, un boursier togolais du programme YALI a aidé des homologues camerounais bloqués à Lomé en raison de la COVID-19. Il les a hébergés et a aidé à les restaurer. Et parce qu’ils manquaient à leurs familles, il les aussi aidé dans des formalités exceptionnelles, transporté leurs bagages, et les a fait rentrer chez eux. 

Une petite action suffit les amis : Faire les courses d’une personne en situation passagère ou prolongée de handicap, sensibiliser sa communauté sur l’importance des mesures barrières à la propagation du coronavirus, se porter volontaire pour coacher un élève afin qu’il réussisse son année scolaire, etc. Ne minimisez donc jamais le bienfait que vous pouvez faire à autrui. Être une source d’inspiration et de ténacité pour les autres pendant les moments d’adversité, c’est aussi cela l’héroïsme.

LAS VEGAS – APR 02: Chadwick Boseman arrives for the CinemaCon 2019 – STXfilms presentation “The State of the Industry: Past, Present and Future’ on April 02, 2019 in Las Vegas, NV De DFree

Le roi T’Challa nous a appris l’importance du dépassement de soi et de la vision, pour déterminer sa place dans l’histoire. Malgré le poids de la maladie, Boseman a dépassé les limites de son corps pour continuer son aventure dans la vie, comme si de rien n’était. Nous serions tentés de dire qu’il avait une fortune pour s’acheter les meilleurs médicaments boostant au monde. Mais la fortune n’est pas forcément une source de bonne disposition d’esprit. Bosewick a fait un effort surhumain pour planifier méthodiquement le reste de sa vie, car il voulait laisser une trace éternelle dans l’histoire du cinéma américain et auprès des jeunes, car il savait que le succès, même sur le court terme, dépend d’une bonne planification. 

Wakanda pour toujours !

Nous l’avons vu dans le film, devenir Black Panther ne se fait pas en un jour. Le succès d’une vie est une histoire de conception abstraite, d’essais, d’échecs, encore des échecs, mais aussi de succès, et surtout d’implication de soi. Il est donc important d’évaluer ses propres valeurs, mais aussi ses propres peurs et vulnérabilités pour savoir comment les gérer.

Comme le font les femmes du programme AWEP Togo, en lançant un nouveau produit local faits d’ingrédients naturels, elles savent qu’elles entrent sur un chemin pas tout à fait connu et qui peut se solder par l’échec. Mais elles apprennent aussi à oser, à lutter contre les préjugés, à accepter l’échec, et même la mort dans le cas de Chadwick.

Mais la mort de ce dernier n’est que physique. Par son courage et sa présence ces quatre dernières années, le roi T’Challa nous a appris que le corps peut faillir, mais que l’esprit est éternel. Et comme on dit au Wakanda, « Longue vie au roi ! ».

Et vous, Chadwick Boseman vous inspire t-il ?

Wakanda forever!

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Shannel

Awo mon héros préféré! que la terre te soit légère. Vraiment merci pour ces leçons d’humilité, de courage et d’amour pour les autres. Suivons son pas ou devenons les héros de nos quartiers ou écoles.

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